EUROTEL

Une psychologue a interrogé 1 000 personnes sur leur café : votre façon de le boire en dit plus long que vous ne croyez

Une psychologue a interrogé 1 000 personnes sur leur café : votre façon de le boire en dit plus long que vous ne croyez

Aux États-Unis, une psychologue a analysé 1 000 buveurs de café. Leur manière de le consommer semble refléter certains traits de personnalité.

Dans un article relayant les travaux de la psychologue clinicienne américaine Ramani Durvasula, le site YourTango s’est penché sur un sujet qui parle à beaucoup de Français : le café. À partir d’une étude menée auprès de 1 000 personnes, l’experte en personnalités a cherché à savoir si notre façon de boire ce célèbre breuvage correspond à certains profils psychologiques récurrents.

Une étude sur 1 000 personnes, née de la psychologie de l’alimentation

Basée en Californie, Ramani Durvasula est connue aux États‑Unis pour ses travaux sur les personnalités difficiles, notamment narcissiques. En 2013, elle a élargi son champ de recherche à la psychologie de l’alimentation et de la santé, après avoir elle‑même affronté des problèmes de relation à la nourriture et au poids.

Dans son livre publié cette année‑là, You Are WHY You Eat: Change Your Food Attitude, Change Your Life, elle présente les résultats d’une enquête menée auprès de 1 000 personnes, conçue pour établir des liens entre choix alimentaires et traits de caractère. Une partie de ce travail est consacrée spécifiquement au café, boisson quotidienne pour une large part de la population américaine comme française.

Selon l’étude de Ramani Durvasula, certains profils reviennent fréquemment selon que l’on préfère le café noir, les lattes, les boissons glacées ou les recettes très personnalisées.

Le média américain YourTango reprend ces résultats en les croisant avec d’autres travaux scientifiques, notamment des recherches sur la génétique du goût et des analyses nutritionnelles menées dans des universités américaines.

Café noir : simplicité, efficacité… et humeur changeante

Premier profil analysé : les amateurs de café noir, sans sucre ni lait. Dans l’imaginaire collectif, ces buveurs sont souvent décrits comme directs, sans chichis, parfois un peu rigides. L’enquête dirigée par Ramani Durvasula confirme en partie ce cliché.

Les consommateurs de café noir apparaissent dans son étude comme :

  • efficaces, tournés vers l’action ;
  • « à l’ancienne », attachés aux habitudes ;
  • plutôt pragmatiques dans leur manière de gérer le quotidien ;
  • avec, parfois, une tendance à la mauvaise humeur.

Cette pointe de morosité pourrait être liée à la manière dont leur organisme réagit à la caféine. YourTango cite une étude menée à l’université Northwestern, aux États‑Unis. Les chercheurs y ont observé un lien génétique entre la préférence pour le café noir et celle pour le chocolat noir. Selon l’auteure de l’étude, Marilyn Cornelis, ce lien ne s’explique pas par le simple goût.

Ces personnes métaboliseraient la caféine plus rapidement. L’effet stimulant retomberait donc plus vite, les poussant à consommer davantage de café pour retrouver la même sensation d’éveil. Pour certains buveurs de café noir, le choix peut aussi être dicté par des considérations de santé ou de calories, ce qui montre que la personnalité n’explique pas tout.

Lattes et cappuccinos : chaleur humaine et tendance à se suradapter

À l’autre extrémité du spectre étudié par la psychologue se trouvent les amateurs de lattes et cappuccinos, ces cafés adoucis par une grande quantité de lait, souvent associés à des boissons plus réconfortantes.

D’après les résultats rapportés par YourTango, ces buveurs auraient tendance à être :

  • chaleureux et accueillants ;
  • ouverts aux autres ;
  • généreux, volontiers serviables.

Ce sont ceux qui demandent si tout le monde a bien été servi, qui proposent volontiers d’apporter quelque chose, et n’hésitent pas à se porter volontaires lors d’événements. Cette attitude très tournée vers les autres peut toutefois se retourner contre eux.

Les amateurs de lattes apparaissent souvent comme conciliants, parfois tellement soucieux de faire plaisir qu’ils en oublient leurs propres besoins.

Le média américain met en avant ce risque de « suradaptation » : ces personnes peuvent se retrouver à accepter trop de demandes, à minimiser leurs envies, jusque dans leur commande de café — lait écrémé, options allégées — pour ne pas déranger. Le message sous‑jacent adressé à ce profil est clair : cette douceur est une force, mais apprendre à dire non fait aussi partie de l’équilibre.

Glacé : spontanéité, créativité… et décisions parfois précipitées

Vient ensuite le cas du café glacé, désormais très répandu aux États‑Unis et de plus en plus visible en France, surtout dans les grandes chaînes et les cafés urbains. Dans l’enquête de Ramani Durvasula, les adeptes de café glacé se distinguent par un tempérament plus audacieux.

Ils seraient généralement :

  • spontanés ;
  • ludiques, avec un côté « enfantin » assumé ;
  • imaginatifs, portés vers les idées nouvelles ;
  • plus enclins à prendre des risques.

Ce sont ceux qui acceptent un départ improvisé en week‑end ou changent de plan à la dernière minute. Cette impulsivité peut toutefois se traduire par des choix moins réfléchis, y compris en matière de santé.

YourTango cite à ce sujet l’analyse d’Adam Drewnowski, épidémiologiste à l’université de Washington. Pour lui, le café glacé vendu dans le commerce s’apparente souvent à un « soda pour adultes » : servi froid, fréquemment très sucré et riche en calories.

Boire régulièrement des cafés glacés très sucrés peut faire disparaître une grande partie des bénéfices associés au café, au profit du sucre et des graisses ajoutées.

Lorsque ces boissons se succèdent tout au long de la journée, l’impact nutritionnel peut vite devenir significatif, ce qui rejoint le portrait de buveurs ayant tendance à privilégier le plaisir immédiat.

Décaféiné, laits végétaux et commandes ultra précises : contrôle et perfectionnisme

Dernier groupe étudié par la psychologue : celles et ceux qui multiplient les précisions au moment de commander. Café décaféiné, lait d’avoine ou de soja, mousse limitée, température spécifique… ces requêtes détaillées ne seraient pas anodines.

Dans les résultats rapportés par YourTango, ces profils se caractérisent souvent par :

  • un besoin de contrôle élevé ;
  • un perfectionnisme marqué ;
  • une grande attention aux détails ;
  • une forte préoccupation pour la santé ou l’équilibre alimentaire.

Ils peuvent apparaître méticuleux, voire pointilleux. Ce souci de bien faire se retrouve dans d’autres aspects de leur vie : organisation, travail, gestion du quotidien. Ces personnes font souvent des choix perçus comme plus « sains », mais peuvent être jugées moins faciles à vivre lorsque leur exigence se transforme en rigidité.

Ce que ces profils disent – et ne disent pas – vraiment de vous

L’étude de Ramani Durvasula montre que certains traits de caractère se retrouvent plus souvent chez les amateurs d’un type de café que d’un autre. YourTango insiste toutefois sur le fait qu’il s’agit de tendances, pas de verdicts définitifs.

Votre tasse dit parfois quelque chose de vous, mais elle ne résume ni votre personnalité, ni vos choix de vie.

Un même buveur peut changer de boisson selon la saison, le moment de la journée ou son état de fatigue. Un café noir peut être choisi pour économiser des calories plutôt que par goût de la simplicité. Un latte peut être sélectionné par pure envie de douceur, sans rapport direct avec un tempérament conciliant.

Et en France, où se situe notre rapport au café ?

La France garde une culture très ancrée du café serré au comptoir, souvent consommé noir ou avec un nuage de lait. Ces habitudes rapprochent une partie des buveurs français du profil « café noir » décrit par la psychologue américaine : une boisson rapide, fonctionnelle, intégrée dans le rythme de la journée de travail.

Les grandes chaînes ont toutefois popularisé d’autres styles de consommation en France : lattes à emporter, recettes glacées, cafés aromatisés. Les comportements observés aux États‑Unis se retrouvent donc en partie dans l’Hexagone : commandes plus personnalisées, essor des laits végétaux, recherche de boissons plus gourmandes.

Les principes décrits dans l’étude américaine peuvent ainsi intéresser un lecteur français comme une grille de lecture amusante de ses propres habitudes. Rien ne permet en revanche d’affirmer que les mêmes corrélations seraient retrouvées à l’identique en France, faute de travaux équivalents publiés sur un large échantillon national.

Ce que la psychologie du café peut vous apprendre au quotidien

Au‑delà de l’anecdote, ces recherches s’inscrivent dans un champ plus large : la psychologie de l’alimentation. Cette discipline observe comment nos choix de boissons et de nourriture reflètent parfois nos besoins émotionnels, nos routines et notre rapport au contrôle.

Connaître ces tendances peut aider à :

  • prendre conscience de comportements trop automatiques (boire plusieurs cafés glacés sucrés par jour, par exemple) ;
  • questionner ses habitudes : « Est‑ce que je choisis cette boisson par goût, par image ou par conformisme ? » ;
  • ajuster certaines décisions, notamment pour les personnes qui souhaitent limiter le sucre ou la caféine.

Un exemple concret : un amateur de café glacé qui se reconnaît dans le côté impulsif peut décider de réserver ces boissons aux occasions particulières, et de privilégier un café moins sucré au quotidien. À l’inverse, une personne très perfectionniste avec sa commande peut s’interroger sur ce que cette précision extrême signifie pour elle, et sur la place que ce besoin de maîtrise occupe dans le reste de sa vie.

Enfin, ces profils offrent un point de départ pour des échanges légers mais instructifs : comparer les habitudes de chacun, s’interroger sur ses propres préférences, voire tester d’autres styles de café pour sortir de sa zone de confort. Sans y voir un diagnostic, cette étude montre surtout comment un geste banal – commander un café – peut révéler une petite partie de notre façon d’être.

Défiler vers le haut