Parti de son village des Deux-Sèvres pour un simple rendez-vous médical, un octogénaire français a été retrouvé bien loin de chez lui, après un interminable trajet en voiture.
Un homme de 85 ans vivant à Châtillon-sur-Thouet (Deux-Sèvres) devait rejoindre son médecin à une douzaine de kilomètres de son domicile. Introuvable pendant des heures, puis des jours, il a finalement été localisé… à 1 500 km, en Croatie, rapporte le site d’actualités locales Ici Poitou, cité par un média en ligne anglophone.
Un court trajet vers le médecin qui tourne au périple de 1 500 km
Les faits se déroulent la semaine dernière, dans l’ouest de la France. L’octogénaire quitte son domicile de Châtillon-sur-Thouet pour se rendre à Airvault, commune voisine située à environ 12 miles, soit une vingtaine de kilomètres de route. L’itinéraire est a priori simple, presque routinier.
Le rendez-vous médical ne se déroulera pourtant jamais. Le patient n’arrive pas au cabinet de son médecin. Sur le moment, personne ne se doute de la suite des événements. Ce n’est qu’un peu plus tard dans la journée que l’absence commence à inquiéter.
L’homme ne se présente pas non plus à la réunion d’une association dont il est membre. Ce second « lapin » interroge ses proches. La famille, puis les voisins, constatent qu’il n’a donné aucun signe de vie. La situation prend alors une tournure beaucoup plus alarmante.
Un trajet d’une vingtaine de kilomètres devait le conduire chez son médecin. Il atterrira finalement, au bout de 20 heures de conduite, dans un hôtel en Croatie, à plus de 1 500 km de chez lui.
La famille s’inquiète, la police puis l’armée se mobilisent
Face à ce silence inhabituel, la famille signale rapidement la disparition de l’octogénaire aux forces de l’ordre. L’absence prolongée d’un senior motorisé, sans nouvelles, fait redouter un malaise sur la route, un accident ou une sortie de route sur une départementale isolée.
La police ouvre alors des recherches. Pour tenter de remonter sa trace, les autorités sollicitent l’armée afin de géolocaliser son téléphone portable. Cette coopération permet régulièrement, en France, de retrouver des personnes disparues, notamment des personnes âgées ou vulnérables.
Les proches redoutent le pire : chute dans un fossé, accident non signalé, voire agression. Personne ne s’attend à ce que le signal de localisation renvoie bien au-delà des frontières françaises.
Un téléphone localisé… dans un hôtel croate
La réponse tombe : l’appareil du retraité est détecté dans un hôtel en Croatie, à environ 1 500 kilomètres de Châtillon-sur-Thouet. L’homme a roulé des heures et traversé plusieurs pays sans alerter ses proches.
Selon les éléments rapportés, il aurait conduit pendant près de 20 heures, en passant notamment par l’Italie avant d’atteindre ce pays d’Europe du Sud-Est, qui ne partage aucune frontière avec la France. Un véritable périple, de nuit comme de jour, sans que personne dans sa famille ne sache où il se trouvait.
Les militaires ont retrouvé sa trace dans un hôtel en Croatie, à plus de 900 miles de son domicile, après un trajet estimé à 20 heures de conduite via l’Italie.
« Je n’ai pas compris ce qu’il s’est passé » : le GPS mis en cause
Interrogé une fois retrouvé, l’homme de 85 ans affirme ne pas vraiment saisir comment il a pu finir à l’autre bout de l’Europe. Il explique sa mésaventure par un « problème de GPS ». L’appareil de guidage, censé le conduire chez son médecin, l’aurait orienté sur un tout autre itinéraire, sans qu’il ne corrige la trajectoire.
Selon Ici Poitou, ce retraité n’était pas connu pour souffrir de troubles cognitifs ni de problèmes d’orientation. Autrement dit, aucun antécédent de pertes de repère, de démence ou de maladie neurodégénérative n’avait été signalé. Pour ses proches, cette aventure reste donc d’autant plus déroutante.
L’octogénaire aurait simplement suivi les indications affichées à l’écran, sans remettre en cause le trajet proposé. Une confiance totale dans l’appareil, associée à un long trajet autoroutier monotone, a pu contribuer à cette dérive spectaculaire.
La famille se rend en Croatie pour le ramener
Une fois l’homme identifié et localisé dans son hôtel croate, ses proches organisent son retour. La famille se rend sur place pour le récupérer. Aucune mention n’est faite d’une hospitalisation ni d’une infraction routière sur place, ce qui laisse penser que l’octogénaire se trouvait dans un état globalement stable.
D’après Ici Poitou, l’homme est sain et sauf, malgré la fatigue logique qu’un tel trajet peut engendrer à 85 ans. Reste désormais pour lui une histoire stupéfiante à raconter aux siens, entre stupeur, soulagement et incompréhension.
Malgré son âge avancé, l’octogénaire n’était pas connu pour souffrir de troubles de mémoire. Sa famille est allée le chercher en Croatie pour le ramener chez lui.
Un cas extrême qui interroge notre dépendance au GPS
Cette affaire venue des Deux-Sèvres illustre un phénomène bien connu : la confiance quasi totale accordée par de nombreux automobilistes à leur GPS. Pour beaucoup, l’appareil ne se trompe jamais. Les indications vocales et la cartographie numérique remplacent peu à peu la lecture de panneaux ou l’orientation instinctive.
Dans ce cas précis, un mélange de facteurs a sans doute joué :
- un conducteur âgé, plus vulnérable à la fatigue et à la monotonie des longs trajets ;
- une confiance intégrale dans le guidage, sans remise en question du trajet proposé ;
- la difficulté à s’arrêter, vérifier la destination ou demander son chemin en cours de route ;
- l’absence d’alerte immédiate de la part des proches, puisque le trajet ne devait être que très court.
Pour un lecteur français, cette histoire rappelle l’intérêt de garder certains réflexes simples : vérifier l’adresse saisie dans son GPS, garder un œil sur la direction générale (noms de grandes villes, numéros d’autoroutes), et ne pas hésiter à s’arrêter lorsqu’un itinéraire paraît anormalement long ou incohérent.
En France, que se passe-t-il quand une personne âgée disparaît en voiture ?
Lorsqu’un senior disparaît en France dans des circonstances inquiétantes, comme un trajet inhabituellement long sans nouvelles, la famille peut contacter immédiatement la police ou la gendarmerie. Les forces de l’ordre disposent de plusieurs outils pour organiser les recherches.
Selon la situation, elles peuvent :
- lancer un dispositif de recherche local ou régional, avec vérification des itinéraires possibles ;
- diffuser un appel à témoins, parfois relayé dans les médias ou sur les réseaux sociaux ;
- solliciter l’appui de services spécialisés pour la géolocalisation d’un téléphone portable ;
- alerter les postes frontières si un passage vers l’étranger est envisagé.
Dans certains cas, quand la disparition concerne une personne particulièrement vulnérable (mineur, personne âgée atteinte de troubles cognitifs avérés), le parquet peut déclencher des procédures renforcées. La géolocalisation de téléphone, comme dans cette affaire, se fait dans un cadre légal strict, sous le contrôle de l’autorité judiciaire.
Pour les familles, l’un des réflexes recommandés consiste à noter les habitudes de déplacement de leurs proches âgés, les trajets réguliers (médecin, commerce, association) et à signaler rapidement tout retard inhabituel, surtout lorsqu’un véhicule est en jeu.
Comment limiter les risques d’errance en voiture chez les seniors
Cette histoire de trajet jusqu’en Croatie reste exceptionnelle. Elle met toutefois en lumière des risques bien réels liés à la conduite à un âge avancé. En France, de nombreux médecins généralistes abordent avec leurs patients seniors la question de la conduite, de la fatigue et des capacités de vigilance.
Quelques précautions concrètes peuvent réduire les dangers :
Certains véhicules récents proposent aussi des fonctions d’alerte ou de suivi du trajet, qui peuvent aider les familles à repérer rapidement un itinéraire inhabituel. Ces dispositifs, lorsqu’ils sont utilisés avec l’accord de la personne concernée, peuvent constituer une sécurité supplémentaire.
GPS, orientation et santé : un équilibre à trouver
Le terme GPS désigne le système de positionnement par satellite qui permet de géolocaliser un appareil et de calculer un itinéraire. Très pratique, il ne remplace pourtant pas complètement l’attention du conducteur. En cas de doute, un simple arrêt sur une aire de repos, la consultation d’un panneau ou la demande d’indication à un commerçant peuvent éviter bien des mésaventures.
Pour les personnes âgées qui gardent une bonne autonomie, la conduite reste souvent un symbole fort d’indépendance. L’épisode survenu entre Châtillon-sur-Thouet et la Croatie montre que cette autonomie nécessite parfois un accompagnement discret de la part des proches : coup de fil de vérification, proposition de covoiturage, aide pour programmer correctement le GPS.
L’homme retrouvé dans son hôtel croate aura, à n’en pas douter, un récit marquant à partager. Son histoire rappelle qu’un simple rendez-vous chez le médecin peut prendre une tournure inattendue lorsque la technologie, la fatigue et la confiance aveugle se rencontrent sur la route des vacances… ou, dans ce cas précis, sur l’autoroute vers la Croatie.









