Jeux, rituels, mots doux… En Corée du Sud, une psychologue détaille cinq souvenirs d’enfance qui influencent durablement la vie d’adulte.
Interrogée par le média spécialisé en parentalité (source citée sous le nom de la psychologue dans l’article d’origine), la psychologue sud-coréenne Carol Kim met en avant cinq types de souvenirs d’enfance qui marquent profondément les enfants et les suivent à l’âge adulte. Ces expériences, parfois très simples, structurent la confiance en soi, la manière de gérer ses émotions et la façon de se relier aux autres.
Des souvenirs ordinaires qui ont des effets durables
Pour Carol Kim, l’enfance ne se résume pas aux « grands événements » comme les anniversaires spectaculaires ou les voyages coûteux. Ce sont surtout des moments du quotidien, répétés, cohérents, qui forment la base de la sécurité intérieure et de la résilience. Elle identifie cinq grands types de souvenirs : moments de qualité, paroles d’encouragement, traditions familiales, actes de gentillesse et soutien émotionnel.
Selon la psychologue Carol Kim, ces cinq types de souvenirs posent les fondations de la confiance en soi, de l’empathie et de la capacité à surmonter les épreuves.
Ces souvenirs ne dépendent ni du niveau de vie ni d’un modèle familial parfait. Ils tiennent surtout à la disponibilité émotionnelle des parents, à leur façon d’être présents et de réagir face aux joies comme aux difficultés de leurs enfants.
1. Les moments de qualité partagés, socle du sentiment de sécurité
Les moments de qualité arrivent en tête des souvenirs qui restent gravés. Carol Kim décrit ces instants où le parent se rend pleinement disponible : jeux de société, balade au parc, cuisine à quatre mains, soirée film sur le canapé… Peu importe l’activité, du moment que l’enfant sent que l’attention est tournée vers lui.
Ces temps privilégiés nourrissent un sentiment de connexion et de sécurité. L’enfant retient qu’il est digne d’intérêt, qu’il compte vraiment pour ses parents. Cela l’aide plus tard à construire des relations de confiance avec son entourage, dans le couple, l’amitié ou le travail.
Un temps sans écran où le parent regarde réellement l’enfant.
Une activité simple mais régulière : histoire du soir, promenade du dimanche.
Une écoute sans être pressé, sans se laisser distraire.
Pour la psychologue, ces instants n’exigent « ni grands moyens ni événements exceptionnels », mais une présence « attentive et bienveillante » qui reste souvent gravée dans la mémoire.
2. Les mots d’encouragement, carburant de l’estime de soi
Deuxième type de souvenir majeur : les paroles de soutien. Les phrases comme « je suis fier de toi », « tu as fait du bon travail » ou « je crois en toi » ont un impact direct sur la confiance en soi, explique Carol Kim. Elles montrent à l’enfant que ses efforts sont vus, reconnus et appréciés.
Les enfants se rappellent longtemps des moments où un adulte a reconnu leurs efforts, même pour un « petit » succès.
Ces mots ne servent pas seulement à féliciter. Ils autorisent l’enfant à essayer, à rater, puis à recommencer. Ils renforcent l’idée que la valeur d’une personne ne se résume pas à la performance, mais aussi à la persévérance.
À l’âge adulte, ces souvenirs peuvent faire la différence face à un échec scolaire, une difficulté professionnelle ou un conflit. Une personne qui a souvent entendu « tu es capable » aura plus de facilité à se relever et à chercher des solutions.
3. Les traditions familiales, repères stables dans un monde changeant
Les traditions familiales constituent un autre pilier pointé par la psychologue. Il peut s’agir de fêtes, de rituels quotidiens ou d’activités saisonnières : repas de Noël préparé ensemble, gâteau d’anniversaire « maison » chaque année, photo rituelle à la rentrée, soirée crêpes du vendredi, vacances toujours au même endroit…
Ces rituels jouent un rôle de repère. Ils donnent aux enfants une impression de continuité : même si l’école change, même si les amis évoluent, certains moments reviennent, rassurants. Les enfants grandissent avec l’idée qu’ils appartiennent à une histoire familiale, à une lignée de valeurs et de coutumes.
Dans les souvenirs d’enfance, les rituels récurrents structurent le temps et renforcent le sentiment d’appartenance à une famille.
Ces traditions peuvent aussi servir de support à la transmission de valeurs : solidarité, générosité, respect des anciens, importance du partage des repas… Elles restent souvent très vivaces à l’âge adulte, et beaucoup de parents tentent ensuite de les reproduire avec leurs propres enfants.
4. Les actes de gentillesse, école de l’empathie
Les enfants observent tout, y compris la manière dont les adultes se comportent avec les autres. Pour Carol Kim, les gestes de gentillesse et de générosité des parents laissent une empreinte durable. Aider un voisin, réconforter un proche, remercier un commerçant, tenir la porte, faire un don : autant de scènes enregistrées par l’enfant.
Ces comportements lui apprennent concrètement ce que signifient compassion, entraide et respect. L’enfant comprend que l’autre mérite attention et considération, même en dehors du cercle familial. Il retient que l’on peut agir pour alléger les difficultés d’autrui, même par des gestes modestes.
Un parent qui prend le temps d’écouter quelqu’un en difficulté.
Un geste spontané pour aider une personne âgée chargée de sacs.
Une attention envers un frère ou une sœur malade ou triste.
Ces souvenirs influencent ensuite la façon dont l’adulte se positionne dans la société : engagement, bénévolat, attitude au travail, façon d’élever ses propres enfants.
5. Le soutien émotionnel, ancrage pour affronter les épreuves
Dernier type de souvenir mis en avant par la psychologue : les moments de soutien émotionnel lors de situations difficiles ou stressantes. Chute au parc, conflit avec un camarade, difficulté scolaire, peur la nuit… La réaction du parent à ces moments-là reste souvent gravée.
Être pris dans les bras après une peur, entendu après une injustice à l’école, consolé après un échec : ces scènes deviennent des points de repère intérieurs.
Lorsque le parent écoute, accueille les émotions et rassure sans minimiser ce que ressent l’enfant, celui-ci comprend que ses sentiments ont de la valeur. Il apprend qu’il peut demander de l’aide, qu’il n’est pas seul face à la peur ou à la tristesse.
À long terme, ces souvenirs renforcent la capacité à réguler le stress et à faire face aux crises. L’adulte qui a connu ce type de soutien aura plus tendance à se tourner vers une personne de confiance plutôt qu’à tout garder pour lui, ce qui protège en partie sa santé mentale.
Ce que cela implique pour les parents en France
Les constats de Carol Kim, rapportés par le média sud-coréen cité dans l’article, rejoignent de nombreux travaux menés sur la parentalité en Europe, y compris en France. Les pédopsychiatres et psychologues français insistent eux aussi sur l’importance d’une présence régulière, de paroles valorisantes et d’un cadre structurant mais chaleureux.
Type de souvenir
Impact principal à l’âge adulte
Moments de qualité
Sentiment de sécurité, capacité à nouer des liens de confiance
Mots d’encouragement
Estime de soi, persévérance face aux difficultés
Traditions familiales
Sentiment d’appartenance, stabilité intérieure
Actes de gentillesse
Empathie, sens des autres, solidarité
Soutien émotionnel
Gestion du stress, résilience, recours à l’aide
En France, les structures de soutien à la parentalité (crèches, relais petite enfance, services de protection maternelle et infantile, consultations de pédopsychiatrie, associations de parents) encouragent des pratiques proches de celles décrites par Carol Kim : temps de jeu partagé, écoute active, rituels du coucher, verbalisation des émotions.
L’enjeu pour les parents français, souvent pris entre vie professionnelle dense et charge mentale élevée, n’est pas de viser un idéal impossible, mais d’introduire ces cinq types de moments dans la vie quotidienne, même à petite dose : une histoire racontée sans téléphone à la main, un mot d’encouragement glissé sur un post-it dans le cartable, un rituel du mercredi, un merci prononcé devant l’enfant, un câlin après une grosse frayeur.
Comment transformer ces pistes en habitudes concrètes
Pour passer de l’intention à la pratique, plusieurs pistes simples peuvent être mises en place dans les familles, quel que soit le contexte social ou le lieu de vie :
Bloquer chaque semaine un créneau « intouchable » de 20 ou 30 minutes pour jouer ou discuter uniquement avec l’enfant.
Remplacer les critiques automatiques par au moins une phrase de valorisation ciblée sur l’effort.
Instaurer un petit rituel répétitif : chanson avant de dormir, repas du dimanche, jeu particulier le samedi matin.
Montrer à voix haute ses propres gestes de gentillesse pour que l’enfant comprenne le sens de l’action.
Nommer les émotions de l’enfant (« tu as eu peur », « tu es très triste ») avant de proposer une solution.
Ces gestes ne demandent pas de compétences psychologiques particulières. Ils reposent surtout sur l’attention portée à ce qui va faire souvenir : un ton de voix rassurant, un regard qui ne juge pas, un « je suis là » au bon moment.
À long terme, ces souvenirs forment une sorte de « réserve intérieure » dans laquelle l’adulte pourra puiser. Un entretien d’embauche, une séparation, un changement de vie ou un conflit professionnel seront vécus différemment selon ce qu’il ou elle a intégré dans l’enfance : la certitude de valoir quelque chose, l’habitude de demander de l’aide, l’idée que les liens peuvent être fiables et que la bienveillance existe réellement.
Lecture rapide : rédactrice en chef d’Eurotel, ancienne de l’hôtellerie, spécialiste des hôtels de caractère et des city-trips.
Hélène Vasseur a passé près de quinze ans dans l’hôtellerie avant de se consacrer à l’écriture. De la réception d’un palace lyonnais à la direction d’une maison d’hôtes, elle a appris à lire un hôtel de l’intérieur : ce qui fait une vraie adresse, et ce qui relève du décor.
Rédactrice en chef d’Eurotel, elle coordonne la ligne éditoriale et arpente l’Europe à la recherche d’hôtels de caractère et de destinations à raconter autrement. Sa conviction : on voyage mieux quand on comprend les lieux, pas seulement quand on les coche. Elle garde un faible pour les vieilles villes d’Europe centrale et les petits-déjeuners qui s’éternisent.
Faut-il de grands moyens financiers pour créer des souvenirs marquants chez son enfant ?
Non. Selon Carol Kim, ces souvenirs ne dépendent ni du niveau de vie ni d'événements exceptionnels. Ce qui prime, c'est la disponibilité émotionnelle des parents, leur présence attentive et bienveillante au quotidien.
À quel âge les enfants commencent-ils à se souvenir de ces moments ?
L'article ne précise pas l'âge. Il souligne simplement que ces souvenirs « restent gravés toute la vie » et influencent l'adulte que l'on devient, sans détailler le seuil de mémorisation.
Quels types d'activités simples peuvent créer ces souvenirs marquants ?
Les exemples cités sont : jeux de société, balades au parc, cuisine ensemble, soirées film, histoires du soir, repas de famille réguliers, rituels saisonniers comme les crêpes du vendredi ou les photos de rentrée.
Comment le soutien émotionnel des parents influence-t-il la vie adulte ?
Les enfants qui ont reçu du soutien émotionnel lors de difficultés développent une meilleure capacité à réguler le stress et à demander de l'aide. À l'âge adulte, ils tendent à se tourner vers une personne de confiance plutôt que de tout garder pour eux, ce qui protège leur santé mentale.
Est-ce que les conclusions de Carol Kim s'appliquent aussi en France ?
Oui, selon l'article. Les constats de la psychologue sud-coréenne rejoignent de nombreux travaux menés sur la parentalité en Europe, dont la France, notamment les études des pédopsychiatres et psychologues français.